60 milliards. Et maintenant, comment bien les utiliser ?

20 Mds€ en 2023, 40 en 2024, 60 en 2025 : les produits structurés sont devenus incontournables dans l'allocation patrimoniale. Louis Pradié (Equitim) et Aldric Emié (Climb) ont tranché lors d'une table ronde Wave Online, avec un mot d'ordre commun : la simplicité n'est pas un compromis, c'est la condition de la performance.
Décrément : le mettre dans la protection, pas dans le coupon
95 % des produits distribués intègrent aujourd'hui un mécanisme à décrément, la banque transfère à l'investisseur le risque de dividende du sous-jacent. Ce n'est pas un problème en soi. C'est un problème si le surplus va dans le coupon affiché plutôt que dans la protection réelle. La règle d'Equitim : dégressivité de 3% à 4% par an, barrière de capital à -50 % au lieu de -30 %. Un coupon de 9 % bien blindé vaut infiniment mieux qu'un coupon de 15 % qu'on n'a aucune chance de toucher.
« Ça ne sert à rien d'afficher 15% si on n'a aucune chance de le toucher. Mieux vaut 7% à 9 % en blindant les protections. » - Louis Pradié, Equitim
Deux formules, une philosophie : la simplicité convertit
Chez Climb : deux produits, pas plus. Un produit prudent à capital garanti (~5 %), un produit dynamique à capital protégé à 50 % (8-9 %). Deux profils, deux niveaux de risque explicites, combinables dans une même allocation, et des solutions sur mesure pour les patrimoines élevés, en co-construction avec Equitim. La pédagogie s'appuie sur des schémas et des simulations de flux, pas sur des notices juridiques. Raison : la complexité est l'ennemi de la conversion.
« La complexité est l'ennemi de la conversion. La simplification à outrance n'est pas une concession commerciale : c'est la condition de la confiance. » - Aldric Emié, Climb
Marché sans tendance : l'effet mémoire comme arme
Dans un contexte sans cap clair, géopolitique volatile, taux imprévisibles, indices sans direction franche, le produit structuré fait ce qu'aucune autre classe d'actifs ne peut faire : générer du rendement même quand le marché baisse. La formule recommandée par Equitim pour le moment : indice transatlantique Europe/États-Unis/Asie, autocall trimestriel, dégressivité de 3-4 %/an, effet mémoire. Les coupons non versés pendant les années négatives s'accumulent et se libèrent au premier rappel.
« Si le marché baisse 2 ou 3 ans puis remonte, je déclenche d'un coup 4 fois 8 %, là où un investisseur en actions n'aurait rien généré. » - Louis Pradié, Equitim
Pondération recommandée dans un contrat d'assurance-vie : 10 à 30 % selon le profil. Une brique qui apporte de l'alpha dans le calme plat, à condition d'accepter l'illiquidité sur la durée contractuelle.
POINTS CLÉS

Un outil puissant à condition de ne pas tricher avec lui
Le triplement de la collecte en trois ans ne doit pas faire illusion : les produits structurés restent des instruments exigeants, dont la performance dépend entièrement de la qualité du conseil qui les entoure. Ces incidents récents le rappellent brutalement. Mais ils rappellent aussi que le problème n'est pas dans la mécanique, il est dans la distribution. Un produit surdosé sur un sous-jacent mal choisi, vendu à un client qui n'a pas compris les scénarios de perte : c'est un problème de conseil, pas de classe d'actifs.
La bonne utilisation du produit structuré ressemble à celle de n'importe quel outil de précision : entre 10 et 30 % d'un portefeuille, sur un indice diversifié, avec des protections réelles plutôt qu'un coupon facial élevé, expliqué simplement pour être compris, pas pour être vendu. Dans un marché sans tendance, c'est l'une des rares classes d'actifs capables de délivrer du rendement quelle que soit la direction. À condition de ne pas lui demander ce qu'elle ne peut pas donner.









