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Pierre Sabatier : 22 juin les recos de Pierre Sabatier

Dans un contexte de taux haussiers et de macro dégradée, quelle allocation privilégier ? Pierre Sabatier, a répondu classe d'actifs par classe d'actifs. Son message central : être exposé à peu près à tout, mais savoir choisir.


Obligataire : acheter long, éviter le high yield

En 2022 nous avons vécu une remontée brutale des taux qui faisait plonger la valeur des obligations. Pierre Sabatier écarte ce scénario aujourd'hui.

Son argument est simple : ménages, entreprises et États ne peuvent plus supporter des taux beaucoup plus hauts. « L'inflation actuelle a un contenu récessionniste. Les agents privés ne pourront pas continuer à consommer et investir si les taux continuent de monter. » Aux États-Unis, la charge des intérêts de la dette consomme déjà 20 % des recettes fiscales. On ne peut pas aller beaucoup plus loin.

Conclusion : les taux ont peu de chances de remonter encore. C'est le bon moment pour recharger de l'obligataire souverain. Et plutôt long que court : les obligations longues préservent le capital, les taux courts servent à arbitrer vers les actifs risqués. Ce sont deux outils différents, pas deux alternatives.

Sur le crédit : l'investment grade est privilégié. Le high yield est mis de côté. Dans un cycle qui ralentit, les entreprises fragiles sont les premières à souffrir. Et les spreads actuels ne compensent pas suffisamment ce risque.

L'or : une assurance pour le portefeuille

L'once d'or est passée de 5 300 à 4 300$. Faut-il s'inquiéter ?

Non, répond Pierre Sabatier. Quand les taux remontent, l'or, que Pierre Sabatier assimile à une obligation sans coupon, baisse mécaniquement. C'est normal, pas inquiétant.

Sur une longue période, la tendance parle d'elle-même : moins de 300$ l'once au début des années 2000, 4 300$ aujourd'hui. « On n'arrête pas son assurance parce qu'elle est chère. On l'a parce qu'on estime en avoir besoin. »

La fonction de l'or est claire : se protéger contre une perte de valeur de la monnaie. Dans un monde où les États creusent des déficits structurels et où les banques centrales ont réactivé la planche à billets, cette protection a du sens. Proportion recommandée pour un profil équilibré : 5 % maximum. Si l'appréciation de l'actif fait dériver ce poids à 15 %, il faut rééquilibrer, pas par conviction baissière, mais par discipline d'allocation.

Actions : rester dans le train, ne pas surpondérer

Le momentum macro est moyen. Les institutions internationales ont revu leurs projections de croissance à la baisse. La consommation ne s'emballe pas. Les taux freinent encore.

Pourtant, les marchés actions tiennent. La raison est simple : ils sont portés par un seul moteur, l'intelligence artificielle. Nasdaq Composite, Nikkei 225, Korea Kospi Composite : partout, ce sont les valeurs tech qui tirent les indices. Des entreprises avec un tel niveau de cash qu'elles financent leur développement indépendamment du cycle économique. Résultats : +20 % de profits par trimestre, trimestre après trimestre, depuis des années.

Aucun signal de décrochage à ce stade. Pierre Sabatier est direct : « On ne peut pas attendre que le train s'arrête pour monter dedans. » Son conseil : rester à la neutralité par rapport au benchmark, miser sur les locomotives, tech, IA, et ne pas surpondérer. Pour les CGP qui veulent se couvrir, son conseil : "des puts hors de la monnaie sur les indices".

Immobilier : rester sélectif

L'immobilier suit les taux. Pas de hausse forte en scénario central, donc pas de risque de classe d'actifs. Pierre Sabatier nuance : dans un cycle qui ralentit, le risque change de nature. Ce n'est plus un risque de marché, c'est un risque de contrepartie. Savoir distinguer les bons actifs des mauvais et s'assurer de la contrepartie qu'est le locataire.

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